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| Sus scrofa | ||||||||
| Classification classique | ||||||||
| Règne | Animalia | |||||||
| Embranchement | Chordata | |||||||
| Sous-embr. | Vertebrata | |||||||
| Classe | Mammalia | |||||||
| Sous-classe | Theria | |||||||
| Infraclasse | Eutheria | |||||||
| Ordre | Artiodactyla | |||||||
| Famille | Suidae | |||||||
| Sous-famille | Suinae | |||||||
| Genre | Sus | |||||||
| Nom binominal | ||||||||
| Sus scrofa Linnaeus, 1758 | ||||||||
| Répartition géographique | ||||||||
Laie et deux marcassins | ||||||||
Sangliers de Floride, supposés | ||||||||
Trace de pattes dans la boue | ||||||||
Souille de sanglier | ||||||||
Crottes | ||||||||
Crâne | ||||||||
Probablement pour se protéger | ||||||||
Patte vue de dessous | ||||||||
Scène de chasse au sanglier, | ||||||||
Gravure sur bois illustrant les | ||||||||
Sacrifice d'un jeune sanglier, | ||||||||
| Statut de conservation IUCN : | ||||||||
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Le sanglier (Sus scrofa) est un mammifère omnivore proche du porc, dont il est l'ancêtre, appartenant à la famille des Suidés. Celle-ci appartient au taxon des Artiodactyles suiformes.
Sa femelle se nomme la laie, les petits sont des marcassins, les jeunes des "bêtes rousses", les mâles âgés des "solitaires".
Sommaire[masquer] |
A l'origine, le mot sanglier vient du latin singularis, ce qui veut dire « singulier » : « unique, isolé, solitaire », par ce que le sanglier ne vit en groupe que dans ses deux premières années [1].
Aucune confusion n'est possible avec une autre espèce. L'avant-train est puissant, le cou massif. La tête (hure) a une forme globalement conique. Les flancs sont comprimés. Le pelage est constitué de longs jarres très rêches (les soies) ainsi que d'un épais duvet. Les adultes sont de couleur gris-brun uniforme, mais les plus jeunes sont roux avec des bandes noires horizontales. Les oreilles triangulaires sont toujours dressées. Les canines sont particulièrement développées. Celles de la mâchoire supérieure se recourbent vers le haut grés durant la croissance. La taille des mâles est plus importante que celle des femelles. En outre, toutes choses égales par ailleurs, les sujets présents dans le sud de l'Europe sont plus petits que ceux du nord et de l'est.
Le cochon domestique possède 38 chromosomes. Le sanglier n'en détient que 36, suite à une fusion ancestrale. Leur descendance commune est fertile. Les hybrides de première génération possèdent 37 chromosomes. Ensuite ils peuvent avoir 36, 37 ou 38 chromosomes. L'hybridation est fréquente dans les régions d'élevage de cochons en plein air ou bien lorsque la population sauvage a été reconstituée par des femelles de cochons domestiques saillies par un sanglier mâle. Le sanglier corse est génétiquement très proche du cochon domestique.
Le sanglier a été introduit par l'Homme hors de son aire naturelle de répartition, dont en Amérique du Nord où il a parfois été croisé avec diverses souches de cochons. Ceci complexifie encore sa génétique, mais aussi sa dénomination commerciale légale. En Amérique du nord, où il n'existe normalement pas dans la nature, certaines étiquettes commerciales qualifient sa viande de "sanglier sauvage" alors qu'il est élevé, et introduit.
Le sanglier affectionne particulièrement les zones arborées disposant de points d'eau. Cependant il est relativement ubiquiste et on peut le rencontrer dans de nombreux autres types de milieux. Les landes sont par exemple des milieux très favorables pourvu qu'une strate arbustive même discontinue approche un mètre de haut. Il évite simplement les grandes zones trop à découvert. Il est présent dans de nombreuses régions d'Europe, une partie du Danemark, des Pays-Bas, d'Italie, d'ex-Yougoslavie...) et d'Asie, ainsi qu'en Afrique du Nord. Il a disparu des Îles Britanniques.
Le sanglier est essentiellement nocturne, sédentaire et attaché à son territoire. Les déplacements importants d'individus ou de groupes sont supposés induites par le manque de nourriture ou d'eau, le dérangement (poursuite par les chiens, chasse en battue, chantier, etc.). Les sangliers peuvent ainsi, seuls ou en groupe, parcourir des distances très importantes, traverser des fleuves et des routes, ce qui occasionne de nombreuses collisions (roadkill), surtout en période de chasse. Néanmoins, les individus semblent chercher à revenir sur leur territoire dès que possible. Le sanglier, omnivore consomme de très nombreuses parties d'un grand nombre de végétaux (tubercules, fruits dont les glands et les noix, céréales, etc.), des champignons (dont champignons à fructifications souterraines tels que truffe ou truffe du cerf, nombreux animaux (vers, mollusques, insectes et leurs larves, petits mammifères, lissamphibiens, oiseaux et autres sauropsides) morts ou vivants. S'il est affamé, il est réputé pouvoir occasionellement s'attaquer à un animal plus grand mourant, voire à une brebis en bonne santé, en particulier lors de la mise-bas. Il se montre volontiers nécrophage.
Régulièrement, les sangliers se vautrent dans la boue dans des lieux appelés « souilles » ou « bauges », et se frottent avec insistance contre les troncs d'arbres avoisinants, pour se débarrasser d'un certain nombre de parasites et marquer leur territoire.
Les compagnies ou hardes de sangliers sont constituées d'une ou plusieurs laies suivies de leur progéniture. Les ragots (sangliers de 2 à 3 ans) ferment la marche lors des déplacements, mais sont remplacés par des mâles plus âgés en période de rut. Les cortèges sont souvent bruyants, non seulement par le bruit lourd des pas, mais aussi par les grognements, cris, soufflements et autres reniflements. Cependant, les sangliers savent se montrer discrets et silencieux s'ils se sentent menacés.
À l'approche de l'homme, le sanglier prend généralement la fuite avant qu'on ne l'ai détecté et peut se montrer étonnamment agile et rapide. Une laie pressentant un danger pour ses marcassins, peut se montrer dangereuse et charger, ou attaquer un chien, de même qu'un adulte blessé. Irrité, un sanglier claque violemment des dents ; on dit alors qu'il « casse la noisette ».
Le rut s'étale d'octobre à février. Lors d'affrontements violents entre mâles, des blessures parfois importantes peuvent être occasionnées. La gestation dure 3 mois, 3 semaines, 3 jours (soit 114 à 116 jours), la laie met bas dans le chaudron, (une excavation plus ou moins aménagée dans la végétation basse) de 2 à 12 marcassins aux yeux ouverts. Le nombre de petits est corrélé au poids initial de la femelle (40kg : deux petits, 60kg : quatre petits), mais dans le sud de la France les populations de sangliers ont été recréées ou renforcées par des hybrides de cochon domestique dans le but d'augmenter la prolificité. L'allaitement dure 2 à 3 mois, mais les jeunes sont aptes à suivre la mère dans ses déplacements dès la fin de leur première semaine. Bien que capables de subvenir à leurs propres besoins vers l'âge de 6 mois, ils demeureront dans le groupe familial encore une ou deux années.
Le sanglier semble jouer des fonctions complexes et importantes au sein des écosystèmes qu'il fréquente. Il aère et décolmate les sols forestiers en recherchant tubercules et champignons, dont les truffes et en particulier la truffe Elaphomyces granulatus dont il contribue à diffuser les spores (avec l'écureuil et quelques micromammifères fouisseurs qui consomment également ce champignon dont la fructification est totalement souterraine). Or ce champignon joue un rôle probablement important dans la structure des sols et en matière de mycorhization.
Quand le sanglier creuse sa souille et s'y roule, et quand il se frotte sur les arbres, il se débarrasse de ses parasites, mais contribue aussi à disperser des spores et graines enfouies il y a des décennies voire des siècles, qui pour certaines ont conservé leurs propriétés germinatives (« crypto-banque de graine du sol »). Il peut lors de ses déplacements, en quelques heures, les transporter et littéralement les « semer » jusqu'à des dizaines de kilomètres à la ronde (un sanglier peut parcourir 20 à 30 km en une seule nuit). Ces graines et spores étant entourées de boue et réchauffées au contact de son corps ont plus de chances de germer.
Là où il est très anormalement abondant suite à la disparition de ses prédateurs sauvages et suite à l'agrainage (alimentation artificielle) ou à des plans de chasse qui l'ont fortement favorisé, il semble pouvoir, avec le chevreuil jouer un rôle dans l'augmentation du nombre de tiques dans les forêts européennes, et il occasionne des dégâts dans les champs, prairies et parfois dans les jardins.
Le sanglier peut aussi véhiculer certaines maladies du porc, dont la peste porcine, et peut être des virus grippaux dont celui de la grippe aviaire [réf. nécessaire].
Une « surpopulation » de sangliers peut donc augmenter certains risques pour les élevages de porcs proches, mais aussi pour la santé humaine, dont maladie de Lyme, trichine, affection dont l'augmentation est liée au nombre de sangliers, ou encore une augmentation du risque d'accidents de la route, avec des dégâts matériels importants, des blessures corporelles et psychologiques graves, voire pertes en vies humaines [2].
Omnivore et nécrophage à l'odorat fin, le sanglier détecte et élimine rapidement les cadavres de nombreux petits et gros animaux, même cachés, en évitant qu'ils contaminent les eaux superficielles par des pathogènes ou toxines (botuliques notamment, auxquelles il se montre très résistant). Pour cette raison, c'est une espèce qui - bien que non située en tête de pyramide alimentaire - peut fortement bioconcentrer certains toxiques et polluants (via les cadavres qu'il mange ou via les champignons contaminés qu'il consomme en grande quantité).